27/06/2005

Version 1 d'un entretien de TTC Vs B.I.T.C.H mais ailleurs

in the Le Mague:
 
http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=1301

16:33 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/06/2005

RAPPEL DES FAITS (1ère partie)

Aux hommes de goût qui ont su toucher notre cœur en passant par nos culs (ou nos seins, si pris de face), aux petites attentions amicales dans la rue, aux Jacques Tati des échafaudages, aux Pierre Richard des cités, aux Garcimore des bars, à vous, les prestidi(a)gitateurs du métro,  nous sommes reconnaissantes… merci.

(la meilleure réplique jamais entendue : « Avec vos gros culs, vous devriez être contentes qu’on vous touche »)

 

Aux hommes-enfants qui nous gardent une place de (je cite) « princesse » ou de « trésor » en nous haranguant dans la rue à l’aide de petits sobriquets tous plus inventifs les uns que les autres, tous dignes d’une tendresse quasi infantile… Vos « bébé » et « poupée » restent dans nos mémoires… ces mots doux dignes d’une frustration imbibée de paternité non reconnue, peut-être. Merci.

 

À tous les hommes qui nous ont mouché avant… à ces inconnus aux mains fébriles arborant un impérissable sens du toucher… à ces maladroits du poing… à ces intouchables vertébrés… à ces lézards au sang chaud… Merci.

 

Aux hommes-bites, à ces shadocks de la pompe, aux amateurs de pipes, pour leur danse des connards, à la queue leurre leurre , à à à la queue nœud-nœud, à à à la queue neuneu… Merci à vous aussi.

 

Aux hommes compréhensifs qui offrent un pèse-personne, un aspirateur ou un robot ménager pour les anniversaires… Merci. (c’est tellement gentil !)

 

Aux hommes-maquereaux qui exposent la féminité au monde… aux Marc Dorsel du petit cran, aux créateurs du porno-chic et du pore-no fric… à tous les coqs de podium, à tous les ânes de foire… Merci.

 

Aux hommes-bêtes en rut qui râlent, qui grognent, qui crachent, qui couinent, qui bêlent, qui aboient, qui s’ébrouent, qui hennissent, qui grouinent, qui glapissent, qui grommellent, qui caracoulent, qui nasillent, qui grattent, qui beuglent, qui mugissent, qui braient, qui jappent, qui sautent… merci de nous rappeler à notre animalité primaire, pourtant uniquement synonyme de fécondité appliquée dans votre image première… Merci.

 

À toutes ces femmes (aussi, si, si…) qui pratiquent la descente d’organes sur des tapis d’aérobic, aux Nadia Comaneci du porno qui confondent GRS avec GPS (prônons la réhabilitation des positions du missionnaire dans un lit de campagne pour quelques soirées pépère et/ou mémère bien méritées), aux Barbie et aux LOL-ita gonflées à la HiEnergy et au silly cones… Merci à vous aussi.

 

À suivre… (la liste non-exhaustive est longue) 

 

(art by Paul Kooiker)


14:00 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/06/2005

un livre, en-core!

"Les hommes, c'est comme les CD, tant que je n'appuie pas sur PLAY, ils ne font pas de bruit."
En publiant sur Internet le récit de sa vie sexuelle, cette Cantonaise de 26 ans a été censurée par les autorités et est devenue une star. Mu Zimei, qui revendique 70 amants, est aujourd'hui considérée comme le fer de lance de la révolution sexuelle dans une Chine puritaine.
En édition intégrale non-censurée, le phénomène littéraire le plus stupéfiant de ces dernières années en Chine.

 
MU ZIMEI
Journal sexuel d'une jeune Chinoise sur le net
Albin Michel
22,5x14,5 , 288 p., Broché

 
En attendant, les B.I.T.C.H cherchent, trouvent, lisent, déménagent, sombrent, parcourent, écrivent (ailleurs aussi), se (pré)lassent, médisent (encore et toujours), vibrent (sexuellement ou pas) et tardent pour revenir avant, après ou pendant l'été...

13:29 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

16/06/2005

"Fricassée de maris" de Betty Mindlin et des conteurs indiens

http://www.metailie.info/reponses/livre.asp?ID=819

&

http://www.sudouest.com/130605/lire.asp?Article=220505a81...

 

Chapitre I:

 

LES BOTCHATONIA, LES FEMMES DE L'ARC-EN-CIEL

Les femmes se sont amourachées d'un être qui vivait au fond des eaux. Homme ou animal, il s'appelait Amatchoutché et elles 1'ont trouvé très beau. Elles sont devenues folles de lui et du coup elles ont tourné le dos à leurs maris et ont oublié de s'occuper de leurs enfants. Elles ne faisaient que penser à leur nouvel amour.

Délaissés, tout tristes, les hommes ont passé leur temps à chasser. Désormais ils vivaient comme des célibataires. Et celles qui avaient été leurs femmes vivaient comme des vieilles filles, elles ne couchaient plus dans leurs hamacs, elles ne les regardaient plus, elles ne venaient plus folâtrer. Pauvres guerriers, il ne leur restait plus qu'à passer leurs jours à la chasse. Et ils devaient aussi s'occuper des enfants, laissés à l'abandon par leurs mères. En chassant, ils essayaient de distraire leur chagrin, d'oublier l'épine plantée dans leur tête. Les jeunes enfants grillaient le gibier pour les hommes, vagabondaient dans la forêt, n'arrêtaient pas de se baigner.

Un jour, ils s'amusaient à tirer à l'arc au bord de la rivière quand ils ont vu un petit jacaré.

- On le tue, on le tue! ils ont crié en chœur, tout contents.

Leurs flèches étaient si petites que le jacaré n'a pas bougé, lui, mourir, vous n'y pensez pas! La marmaille a décidé de pousser l'animal, ils ont poussé, poussé et à force, il est tombé dans l'eau. Et les enfants aussi sont tombés au fond de la rivière.

Quelle surprise au fond des eaux! Il y avait là des tas de gens, des femmes qui ressemblaient à leurs mères - ils ont même cru que c'étaient elles - et qui les ont très bien traités, les ont cajolés et leur ont donné à manger et à boire, de la bouillie de maïs, du poisson, du caouîm.

Ces femmes appartenaient au peuple de l'Arc-en-ciel - Botchatoniã. Des femmes ensorcelées. Après avoir bien choyé les enfants, elles les ont renvoyés chez les hommes, chargés de nourriture et de marmites de terre débordant de caouim.

- Ce caouim, c'est pour vos pères! Expliquez-leur bien qu'il a été préparé par de vrais gens, pas par un animal ou un mauvais génie comme Tchopokod.

Les enfants ont pris le sentier de la cabane de chasse et au bout d'un moment, ils ont rencontré un chasseur qui portait une dépouille de cerf sur ses épaules. Il leur a demandé s'ils rapportaient des mandis et il a été très content en voyant les marmites de caouim.

Arrivés au bivouac, les enfants ont déposé les marmites et les poissons sur des souches d'arbres, pour chacun des hommes, et ils ont répété ce que leur avaient dit les femmes de l'Arc-en-ciel.

- Nos mères - c'est comme ça que ces gamins appelaient les femmes ensorcelées -, elles nous ont demandé de vous prévenir que cette boisson et cette nourriture, c'est préparé par des gens, pas par Tchopokod, elles sont bonnes!

Les hommes ont mangé à satiété, ils s'en sont mis jusque-là. Un seul, méfiant, n'a pas touché aux aliments ensorcelés et s'est contenté de la viande de cerf accommodée avec des arachides cultivées. Les autres, même pas question de se demander d'où venaient ces bonnes choses, et ils ont commandé aux enfants de retourner en réclamer d'autres aux femmes de la rivière.

Les mères - ce n'étaient pas les vraies mères, c'étaient les femmes de l'Arc-en-ciel, les femmes du fond des eaux - ont envoyé une nouvelle fois caouim, bouillie de manioc et poisson. Les hommes ont tout bâfré cette fois encore, avec la tête du cerf et des arachides.

Les jours suivants, même chose. Les hommes avaient grand-envie d'aller voir les femmes de l'Arc-en-ciel, elles n'arrêtaient pas de les inviter en disant qu'elles préparaient beaucoup de caouim.

Un beau jour, enfin, le cacique a prévenu ses hommes:

- Demain, c'est notre dernier jour de chasse. Le moment est venu d'aller au carbet des femmes de l'Arc-en-ciel. Et pendant que nous chasserons, vous les enfants, vous irez les prévenir de notre arrivée.

Le lendemain de la chasse, les hommes ont quitté le campement, les enfants n'ont pas déposé les parts de nourriture sur des souches d'arbres. Avec des fibres d'embira, les hommes ont fait des paquets de pièces de gibier qu'ils ont chargés sur leurs épaules et ils sont partis. Pas pour retourner au carbet où leurs femmes, les mères de leurs enfants, ne voulaient plus faire sourouk avec eux, non, ils allaient rendre visite aux femmes de l'Arc-en-ciel.

De loin, ils ont entendu, au fond des eaux, la rumeur de la fête et de la beuverie. Ils ont même entendu le bruissement de la paille sous les pas des danseuses. Tout au fond, les Botchatoniã recrachaient les mâchées de manioc dans le caouim qui fermentait. Les femmes dégobillaient et l'eau faisait des bulles.

Les chasseurs ont passé des jours et des jours au fond des eaux, à ne faire que danser, boire, sourouquer les belles femmes ensorcelées. Une fois fini le caouim, ils ont décidé d'aller chasser, tuer des cerfs, cueillir des noix de coco. Les femmes leur ont promis d'attendre et en attendant de préparer encore du caouim et des bonnes choses.

Pendant la fête, même très contents, les hommes se méfiaient: les femmes faisaient du caouim, mais n'en buvaient pas. Le cacique, sur ses gardes, a ordonné à Socó d'avoir l'œil et de vérifier ce qui se passait.

Pendant ce temps, les femmes qui s'étaient amourachées de la créature de l'eau, qui avaient délaissé leurs maris, faisaient des colliers et du caouim, mais apparemment Amatchoutché n'appréciait guère leur nourriture. Elles ont commencé à se demander où se trouvaient leurs hommes, leurs enfants, ce qu'ils faisaient depuis si longtemps.

Elles ont marché, marché, ces femmes, et de loin elles ont entendu la rumeur de la fête au fond des eaux. Elles ont vu à la surface des bulles et ont compris que d'autres femmes faisaient du caouim pour leurs maris.

Elles sont revenues à leur carbet et ont conclu qu'il valait mieux se débarrasser d'Amatchoutché:

- Cet homme dont nous nous sommes amourachées, que nous avons trouvé si joli garçon, en réalité c'est un vieux affreux, tout décati! Mais il avait l'air si beau! Mieux vaut tuer ce débris.

Et c'est ce qu'elles ont fait, elles ont mis fin à leur amour.

Pendant ce temps, l'homme méfiant, celui qui n'avait pas voulu boire le caouim de l'Arc-en-ciel, était resté seul dans une paillote, tandis que les autres descendaient au fond des eaux pour danser et festoyer avec les Botchatoniã.

Les hommes pensaient déjà revenir à leur carbet, mais il y avait encore à boire beaucoup de caouim que leur offraient les femmes de l'Arc-en-ciel. L'homme méfiant, qui était un cacique, s'en doutait et il a décidé d'envoyer son fils au carbet pour savoir s'il était possible de réconcilier femmes et maris, quand ceux-ci reviendraient au foyer. Il était grand temps, les hommes étaient en train de se changer en individus du peuple botchatoniã. C'était le moment de revenir, sinon il serait trop tard.

Avant le départ de son fils, le père lui a recommandé de ne toucher aucune femme et de demander à sa mère de préparer du caouim pour le retour des hommes.

Le fils est donc allé voir sa mère, qui a été très contente, mais il a pris soin de s'asseoir loin d'elle, pour éviter de se toucher pendant qu'ils parlaient. C'était un garçon timide, mais il a attiré les regards de toutes les filles du village: il était beau, robuste, la poitrine large, musclée, peinte de jenipapo, de grands yeux brillants et doux, de longs cheveux noirs ornés de plumes. Une des filles du village s'est entichée de lui dès qu'elle l'a vu, elle a tout fait pour l'aguicher. Elle n'était pas la seule, elles étaient toutes folles de lui.

- Ne vous approchez pas! Mon père m'a bien recommandé de garder mes distances avec la gent féminine!

Mais quelle fille pouvait penser qu'un aussi beau guerrier allait suivre les conseils d'un père à l'heure de sourouquer? Cette fille-là était têtue et elle a fait tant et si bien que, la nuit venue, elle s'est glissée dans le hamac du garçon et voilà, il a cédé aux avances qu'il prétendait refuser.

Le lendemain, penaud, il est allé voir sa mère:

- Mère, je m'en vais. Mon père a demandé que vous prépariez beaucoup de caouim pour les hommes qui vont revenir, mais moi, je lui ai désobéi, c'est une faute grave, kawaïmã, je me suis laissé tomber dans les bras d'une fille, j'ai tout gâché. Je dois partir.

Il a couru à la paillote de son père et lui a dit qu'il avait une fille à ses trousses. Il lui a raconté qu'il avait oublié ses conseils, il avait cédé au plaisir de toucher cette fille et de faire la chose avec elle. Et pas plus tard que tout de suite, elle est arrivée et elle est morte dès qu'elle s'est approchée du peuple de l'Arc-en-ciel. Mais son esprit est resté avec le garçon.

Depuis ce jour-là, les hommes ont été ensorcelés pour toujours, ils habitent avec les femmes botchatoniã, dans le fond des eaux, dans les parages des sources du Rio Branco. Ils ont oublié leurs femmes, les mères de leurs enfants.

Qui elles, un beau jour, sont parties ailleurs chercher de nouveaux maris.

 

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NA! (sera ma seule contribution)
Mythes universels, tiens donc pardi...

13:47 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/06/2005

get high and fuck me crazy

Puisqu’on est qualifiées voir même traitées de féministes (parce que ça devient une insulte à force, et ce sourire en biais là, oui oui j’adhère à votre cause, ta mère) autant s’éprendre du sujet.

Elles ont de grosses fesses, des bouches bien taillées, ont arrêté de mâcher leurs mots à l’âge de leur première tresse. Et surtout parce que je découvre et j’aime. Vague déferlante un peu tardive chez moi, vieille jeune, on se demande ou j’étais. Soit.

Bitch écoute du BOOTY, vous savez le genre de musique bien montée ou suck rime avec fuck,  dick avec lick, ass et pussy repris à chaque refrain.

Etablir le capitalisme comme religion officielle me séduit aussi pas mal, un tout autre courant féministe pro sexe découvert entre les jambes de la belle TRINA.

Oh my God.

Je vous inviterai bien, mais bon aujourd’hui on se la fait entre filles.    

Oui je sais. Peut-être ma vieille libido qui me travaille et je me sens proche du clan des filles à grosses fesses, et aussi trop traînée avec des dépressifs darkos ces derniers temps, mystico-romantico vampires à deux balles.

Quoi le juste milieu ? [censuré parce que vous ne le supporterez pas, évoluez merde]

Je vous fait pas de recommandations.



14:16 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/06/2005

Joshua, Jésus des Temps Modernes

http://www.pbs.org/wnet/egg/234/cwhite/index.html

(aux States, EGG est un show télé et une sorte d'association qui aide certains artistes "from and to odd times and strange places " à faire un parcours suivi.)

 

Parce que les hommes ont aussi des sentiments, parce qu'être un homme aujourd'hui, c'est vraiment trop dur, un héros parmi les autres, Charlie White, a créé Joshua (à moins que ce ne soit le contraire).

Joshua est presque un être humain, il ressemble à une marionnette sortie de "Tales from the Crypt" qui aurait couché avec Kermit the Frog, il détient en lui toutes les identités (le cliché ultime) des hommes qui ont toujours souffert du rejet et qui se sous-estiment, se déconsidèrent et qui sont constamment au bord du gouffre. Joshua serait donc la somme des réalités (shows) unifiées en un sous homme, lequel possèderait une vérité établie sur toutes les facettes du statut du mâle (américain) dans toute son aigreur. Attention, Joshua n'est évidemment pas un monstre, juste une grande victime du joug totalitaire dément que les femmes imposent.

SAVE JOSHUA !!

 

(en plus des liens inclus dans cet article, trouvez le livre de Charlie White qui est disponible sur http://www.goliathbooks.com/ et un article dans le magazine WIRED qui peut vous en dire plus sur le Créator: http://www.wired.com/wired/archive/12.02/white.html)

14:00 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/06/2005

la descendance...

http://www.davidandgoliathtees.com/games/throwrocks.html
 
y a de l'espoir(e)...

13:38 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Histoire de gorge profonde...

Les fausses idées sur Gorge Profonde…

Lors des ballades sur les grands boulevards parisiens, entre deux coiffeurs MGC Centre Afro Hair Style et deux Tandoori Land, approchez votre nez des cinémas pornos (pas chics ceux là), apercevez les affiches jaunies (par le soleil) et rappelez vous des bons vieux titres cul-tes des films porno-kitsch, genre Blanche Neige (jolie métaphore) et les 7 mains, le Gland Bleu et Gorge Profonde (série I à IX)… que ma surprise fut grande en apprenant l’origine du terme… Si vous vous demandiez si le cul et la politique étaient liés, si vous vous posiez encore la question sur « l’utilité de l’industrie pornographique », voyez comme l’apprentissage de l’histoire est utile…

Article : Gorge Profonde crache le morceau

Il y avait deux énigmes dans l'histoire américaine du XXème siècle : Qui a tué Kennedy? Qui était Deep Throat? Il n'en reste plus qu'une.

91 ans, malade, titubant sur son perron devant les caméras des télés : on a failli ne jamais savoir. Mais avant de mourir il l'a dit à sa famille, qui l'a dit au Vanity Fair, dont le dernier numéro révèle l'ultime secret de l'affaire Nixon en 1972-74 : qui était Deep Throat, "Gorge Profonde"? L'informateur secret des journalistes Woodward et Bernstein du Washington Post, dont l'enquête mit Richard Nixon au tapis ? Nixon, le premier et jusqu'ici le seul président US à démissionner.

Les moins de cinquante ans n'ont qu'une faible idée de l'énorme suspense qui entoura l'affaire, la révélation du scandale Watergate, la lente agonie juridique de Nixon, son dernier speech à la télé ("Je ne suis pas un escroc !"), son départ en hélico de la Maison Blanche, la question posée et reposée mille fois : qui est Deep Throat?

On en fit un film, Les hommes du Président, réalisé en 1976 par Alan J. Pakula avec Robert Redford et Dustin Hoffman dans les rôles de Woodward et Bernstein. Deep Throat y apparaissait de dos la nuit dans un garage souterrain, fumant une cigarette. Les vrais Woodward et Bernstein avaient promis à la source de ne pas vendre la mèche et ils tinrent parole jusqu'au bout.

On sait depuis le 30 mai, après 31 ans de silence radio : Mark Felt, alors directeur-adjoint du FBI. Un type loin d'être un gauchiste, puisqu'à la même époque il espionnait illégalement le groupe révolutionnaire des Weather Underground, usant des mêmes méthodes que Nixon à l'égard des Démocrates. Faits pour lesquels il fut jugé en 1978.

Gorge Profonde pourrait-il exister aujourd'hui? C'est la bonne question que se pose le New York Times : "A une époque où le droit des journalistes à taire leurs sources est sérieusement remis en cause, on peut se demander si Deep Throat accepterait de partager ses secrets."

C'est aussi la fin d'une légende : la vérité en se dévoilant tue le mythe. Maintenant on sait, et Deep Throat cesse d'être "l'inconnu le plus célèbre de l'histoire des Etats-Unis". Voici tarie l'une des meilleures "conspiracy theories". C'était plus sexy de fantasmer sur Henry Kissinger.

A moins que, prédit le New York Times, "n'apparaisse dès demain une série de bloggueurs résolus à prouver qu'après tout ce n'était pas Felt." La Conspiracy Theory survivra-telle à la révélation ? Et si Mark Felt couvrait quelqu'un? Et si le vrai était mort? etc.

Si l'affaire vous excite, quelques pistes :

Une critique astucieuse sur les Hommes du Président. A propos de cinéma, il est amusant de voir que Deep Throat a fait pendant trente ans du marketing indirect pour le film du même nom, porno célébrissime sorti l'année du Watergate, en 1972, réalisé par Gerard Damiano sous le pseudo de Jerry Gerard. Deep Throat avait frappé les foules très au-delà du public porno habituel : Linda Lovelace y avalait jusqu'à la garde des bites interminables, sous prétexte qu'elle avait le clitoris à la place de la glotte. C'est même d'après le film que Woodward et Bernstein eurent l'idée, pour coder leurs discussions, de baptiser Deep Throat celui qui s'appelait Mark Felt.

Source : NOVA : http://www.novaplanet.com

10:56 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/06/2005

B.I.T.C.H Vs TTC

B.I.T.C.H Vs TTC

 

Il était une fois une princesse qui n’aimait pas les chanteurs à basket. Un beau jour, elle rencontre un rappeur charmant avec une longue langue habile.   

 

NON, NON… attends… REWIND !

 

C’est venu d’une impulsion B.I.T.C.Hienne (2/3) suite à deux concerts au botaNIQUE, pendant lesquels un morceau dédicacé aux filles est balancé.

Alors des filles sont montées sur la scène pour la chanson GirlFriend*, invités par des TTC excités et elles se sont remuées le bas des reins et les po(po)tins sur des airs de discotek aériens alourdis par un verbiage d’hommes rigolards…

 

POURQUOI DES QUESTIONS À TTC ?

 

Après qu’une des B.I.T.C.H ait mis la fessée au chanteur (mais qu’est ce qu’il a sous son béret) de TTC, nous voulions le(s) con-fronter à notre avis et le(s) soumettre (si, si) à deux, trois petites choses :

 

PAROLES ET MUSIQUES :

 

Qui sommes nous ? (d’abord NOUS, les B.I.T.C.H first !)

 

(sur un air de « ces gens là « )

 

D’abord, y a l’aînée, qu’est brune et bien ronde… qui monte pas sur la scène pour Girlfriend parce qu’elle refuse de se faire hisser par des p’tits gringalets, puis y a la Julie-tte paillette qu’aime pas le rap, ni les foules mais qui niche au creux de son ventre un polichinelle de ritournelle et qui ne participe pas à cette interview de Vous, puis y a la soeurcière, l’absinthe des rumoeurs, celle qui met des fessées culottées au chanteur de TTC et qui joue à l’ami Ricorée…

 

Et nous voudrions VOUS souder les TTC, savoir ce que vous cachez derrière vos grands T-shirts de rap-peur électrocuté, voici donc les questions d’entre-tiens que deux tu l’auras avec TTC…

 

Desserrez vos ceintures, les B.I.T.C.H (M= Milady, A= Absinthe) (s’) interrogent :

 

M: Un pour tous et tous pour un ?

 

Tékilatex: Tu veux dire qu'on a des gueules de mousquetaires? Je sais pas... enfin c'est comme les trois mousquetaires, on est censés être 3 mais on est 4 avec notre Dj Orgasmic qui pourrait faire d'Artagnan, et puis si tu cherches un peu plus loin Para One c'est le cardinal de richelieu et Tacteel c'est le cardinal lemoine.

 

A: Y a pas comme un problème de pilosité au sein du groupe ?

 

Tékilatex : Cuizinier et Tido ça va, ils ont des poils comme il faut, moi je suis un peu imberbe, c'est a dire que j'essaye de me faire pousser un genre de "Lionel richie moustache" dont le concept se situerait entre l'enfant portugais de 10 ans et le mafioso japonais.

 

 

M: Votre/ton péché capital  favori ?

 

Tékilatex: La gourmandise je pense.

 

A: Faut être croyant pour pécher ?

 

Tékilatex: il faut croire en quelque chose ouais... après ce quelque chose peut très bien être "dame nature" ou "le parti communiste"... ou David Bowie.

 

M: Qu’est ce qui vous fait triquer ?

 

Tékilatex: le lesbianisme, même juste deux filles qui s'embrassent dans la rue et je deviens fou. C'est même pire que ça. Je crois que je peux avoir la trique en regardant deux filles qui se regardent amoureusement. L'idée elle même me rend dingue. Sinon des trucs débiles genre une meuf nue sous un manteau de fourrure ou une combinaison de ski. Les filles qui gémissent dans des langues comme l'allemand, le suédois, le finlandais. Les collants, les bas, la lingerie. Les uniformes. Les femmes mûres, le maquillage. Les italiennes. Je fais souvent des rêves érotiques avec Helena Noguerra.

 

A: A l’inverse qu’est ce qui te coupe ?

 

Tékilatex: je sais pas, une fille qui serait trop violente au lit... j'en sais rien en fait.

 

A: C’est quoi une chatte ?

 

Tékilatex: je vais essayer de trouver une réponse hyper poétique et chargée de sens à cette question, peut être que j'y reviendrais plus tard, en attendant je pense que vous êtes au courant que c'est soit le féminin de chat soit la zone située entre les jambes d'une fille.

 

M: Et vos mères, elles sont fières ?

 

Tékilatex: très fières

 

A: C’est vrai, ta mère, elle dit quoi ?

 

Tékilatex: elle adore ce que je fais, elle en fait limite trop, ça me gêne. Elle découpe tous les articles des magazines pour les garder dans un classeur. Elle enregistre toutes les émissions de télé. Des fois elle est au courant de nos prévisions de concerts avant moi. Elle est fan mais je ne suis pas sur qu'elle comprenne grand chose à ce que je dis...
Pour ce qui est des morceaux comme girlfriend*, elle ne fait pas trop gaffe aux paroles, en tout cas elle n'en parle pas, je pense qu'elle a compris où on voulait en venir…

 

M: Êtes vous des bons coups ?

 

Tékilatex: franchement bof.

 

A: C’est que de la gueule votre truc, vous êtes fidèles et gentlemen non?

 

Tékilatex : tout l'intérêt du truc, c'est justement ça, le mystère qu'il y a autour...est-ce qu'il faut le prendre au premier degré? Est-ce qu'ils sont vraiment comme ça? Ça dépend des membres du groupe, ça dépend des jours... L’important c'est juste que tu te poses la question.

 

M: À la vue/lecture des B.I.T.C.H, êtes vous déridés, allumés, indifférents ou apeurés ?

 

Tékilatex: tout à la fois sauf indifférents. Si je puis me permettre des fois vous en faites "un peu trop" dans l'écriture cryptique baroque provoc’ tape à l'oeil mais bon ça fait partie du truc aussi…

 

A: C’est quoi la différence entre une bitch et une B.I.T.C.H. ?

 

Tékilatex: je sais pas moi quand je dis "bitch" c'est toujours affectueux.

 

Des questions de journalistes soumis, ça vous dit ?

 

A: Pourquoi les gens vous aiment, achètent vos cd, et vont à vos concerts ?

 

Tékilatex: parce qu'on est les meilleurs dans tout ce qu'on fait, et qu'on leur amène du rêve, de l'Entertainment, on est des genres de Super Héros, c'est Hollywood, l'agence tout risque, Arnold et Willy, Punky Brewster, 50 cent, Jean Michel Jarre, la boum de tes 20 ans et les Transformers, tout mélangé dans un paquet de M&Ms japonais saupoudrés de LSD, on peut pas ne pas aimer ça, ou alors c'est qu'on a envie de s'ennuyer dans sa vie.

 

A : Ils prennent tout au premier degré ? A quel degré vous voulez qu’on vous prenne ?

 

Tékilatex: c'est pas une question de degrés, comme je viens de le dire c'est Hollywood, c'est une version hyper extrême et fantasmée de la réalité... tu peux le prendre au degré que tu veux c'est juste "un autre monde", il faut toujours avoir du recul par rapport à l'art en général.

 

A: T’as envie qu’on te pose quoi comme question ?

 

Tékilatex: une question sur l'Europe: quel est le pays d'Europe ou les kebabs sont les meilleurs? Réponse: la Finlande. Je me sens hyper européen!

 

A: Non mais vous avez vraiment des fans ? Vous avez quoi comme rapports avec eux, à part sexuels ?

 

Tékilatex: certains deviennent des amis... d'autres, on préfère oublier qu'ils existent. Moi j'adore mes fans à partir du moment ou ils aiment ce qu'on fait pour les bonnes raisons.

 

A: Vous êtes riches et célèbres ? Vous sentez vous plus libres ?

 

Tékilatex: un peu célèbres, pas assez riches, complètement libres

 

A: Avec qui rêvez vous de travailler ?

 

Tékilatex: Outkast, Ludacriss, Quincy Jones, Lio et Helena Noguerra, Prince (d'avant), Madonna (d'avant), Dizzee Rascal, R Kelly, Pharell Williams, Phil Spector, DJ nasty, Technotronic… peut être Les Guns & Roses.

 

A: Avec lesquels refuserais tu ?

 

Tékilatex: des groupes de fraggles comme il en pullule en France genre Peuple de l'herbe, percubaba, Massilia Sound System et tout le bordel. Des groupes de dub français de merde. Des groupes de rock dark chiant. Des groupes de musique sombre en général. Des groupes de New Soul ou de rap "avec des vrais instruments" qui se prennent au sérieux... n'importe quel groupe de "musique crédible"

 

A: À part pour la musique, quels sont vos autres talents ? (Si l’autre me sort cuisiner, je joue plus…)

 

Tékilatex: mais c'est vrai que cuizinier est cuisinier! Il a fait l'école hôtelière, il se démerde bien!

Moi je sais faire les spaghettis aux boulettes de viande et les spaghettis à la carbonara (la vraie recette) à la perfection. Je dessine un peu et je joue dans des courts métrages (achetez les dvd de mes amis kourtrajme pour me voir dedans)

 

A: Ca vous plaît notre interview ?

 

Tékilatex: ouais! Enfin ça me plaît à moi. Mais si j'envoie les questions aux autres ils ne vont pas faire gaffe et ils vont y répondre dans 10 ans donc c'est pas la peine c'est mieux comme ça.

 

M: Bon, la conclusion ? Ou l’occlusion ! On vous écrit une chanson ?

 

Tékilatex: y'a la version instrumentale de "girlfriend" fournie dans le cd, plein de filles nous ont déjà dit qu'elles allaient faire une "réponse" mais aucune n'a eu le courage d'aller jusqu'au bout, donc voila on vous attend. Mais si c'est nul on vous dira "c'est nul".

 

A : Bon…c’est quoi une chatte ?

Tékilatex: un genre d'orchidée.

 

L’Interview vivante en direct n’a pas pu être organisée
donc ceci est une interview réalisée par courriels interposés.

 

© B.I.T.C.H -- Droits de RE-production à B.I.T.C.H & TTC con-joint-e-ment !


 

* TTC - Girlfriend
(album "Bâtards Sensibles")

TEKI LATEX
J'aime les chattes.
Quand je rentre dans la boite, J'ai la trique.
Toutes les chattes des putes sont moites, C'est pratique.
Elles vont frotter toute la nuit.
Pute, je suis ton mac alors suce ma bite gratuit.
Torse nu, Je donne des claques à ton cul
Et tu cries, Tu oublies tout quand t'as bu.
Quand tu jouis, Soudain toute la boite te mate.
Pute c'est normal j'ai mis mon doigt dans ta chatte.
J'aime ton air sévère, Est-ce que je peux t'offrir un verre ?
Je t'emmène en Mercedes Jusqu'à mon belvédère.
C'est garanti ma petite, On va baiser comme des lapins.
Donc engloutis ma bite, Comme après une grève de la faim.
Elles ont des rêves de catins genre bijoux et draps de soie.
Le lendemain matin je ne leur dis pas bonjour mais "casse-toi".
Pas de joie pour les salopes, ça c'est ma loi.
Marche droit, Parle pas, Avale, Aboie.

CUIZINIER
Mets un doigt dans ton cul sale pute viens d'arriver le mac
On m'appelle CUIZINIER, laisse-moi donc te dire aç
Aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç aç.
Bouge ton gros cul pute, fais-le rebondir
Et prends ça dans ta gorge, Ça je n'ai pas besoin de le dire (Avale-la)
Suce-moi bien pétasse, prends des initiatives.
Moi je n'hésite pas car direct je te sodomise.
Je suis beau, lèche-moi toute la nuit
Afin que ta chatte ne sèche pas.

TIDO BERMAN
Tid' un marteau-piqueur. Survoltage, pute en cage. Elle m'appelle magicien.
Pimpage, vidange.
Twist et string, swing et stress, cuisses et seins,
Plus je la lime sa petite chatte devient mauve
Et elle m'aime, elle gémit.
Vas-y suce ma grande, ton dessert et sers-toi, ma petite BITCH.
J'aime les putes, les bimbos.
La cochonne veut sa cartouche, m'engrener dans une partouze
Avec son pote la tarlouze, Une caillera déterminée.
Copuler avec madame Y sur la photocopieuse,
Je suis défoncé et tout transpirant.
Aspergé, j'ai rempli le réservoir, je lui colle dans les yeux,
Elle est motivée sous pression un récipient.
Adultère et son mari me paie pour que je la surveille, Détective.
Obnubilé, je suis tombé amoureux, je lui dévoile l'histoire
En mordant ses fesses…

 

http://www.batards-sensibles.com/


15:42 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/06/2005

B.I.T.C.H cite et recite mais ça vaut les coups...

Voici un article que je ‘Milady) voulait commenter, puis n’ayant pas encore vu le film « Shocking Truth », je préfère citer Isabelle Sorente que de commenter. De toutes façons, aucun commentaire ne pourrait être aussi clair que les témoignages compris dans cet article et l’analyse est simple, évidente… ne venez pas me dire que l’article est long, ce serait malvenu.

 

GANG BANG, La pornographie, bagne sexuel industriel.

Article d’Isabelle Sorente sur http://lattention.com/default.asp

 

Les témoignages non officiels des coulisses de l'industrie du sexe sont rares. Un film, présenté par une association au parlement suédois dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression et la pornographie, rassemble des confidences édifiantes d'actrices, de policiers, de producteurs. "Shocking Truth" est son nom. Attention : visionnage violent. Et vraie colère. **

 

Dépassée Annabel Chong, qui, en 1995, passait sous 251 partenaires en dix heures… Angela Houston, 30 ans, en 1999, s’est fait 622 hommes en 7 heures, soit un homme toutes les 40 secondes. Candy Appels a pour sa part été interrompue au 742ème par la police de Los Angeles. Quant à Sabrina Johnson, 23 ans, elle s’entraîne pour battre le record du gang bang, 2000 hommes en 24 heures prévus à la Saint-Sylvestre.

 

Aucune étude ne dresse encore le portrait psychologique de ces candidates au viol collectif. Mais Annabel Chong revivait en direct, dans son film, le traumatisme d’un viol véritable. Et Angela, Sabrina, Candy, qui sont-elles ? Qui sont ces femmes qui se disent heureuses après s’être fait passer dessus par une armée ? Qui sont ces Candy, Cookie et autre Molly ? Qui sont ces êtres humains qui se cachent sous des noms de chiennes ou de friandises ? Aujourd’hui, les témoignages sortent. Nous avons visionné « Shocking Truth », film suédois réalisé à partir d’interviews et de montages de films pornographiques diffusés dans le nord de l’Europe, et présenté au parlement suédois en 2000 dans le cadre d’une réflexion sur la liberté d’expression dans la pornographie.

 

Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d’affilée, se cache un être humain.

 

Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s’évanouit pendant les plans coupés. Qu’on redresse tant bien que mal pour l’éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd’hui.

Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux.

Certes, ne pas penser qu’un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s’effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle pornographique, d’en jouir plus tranquillement.

Mais ce n’est pas la réalité.

 

Ne pas y penser, c’était mon cas avant. Avant de m’intéresser à l’envers du décor. Même si l’univers formaté et prévisible des films pornos m’a toujours paru ennuyeux, je ne dédaignais pas une vidéo de temps en temps, quelques scènes un peu crades pouvaient même me mettre en train, par contagion joyeuse de l’effet salope.

Mais c’était avant. Une fois qu’on sait, il faut bien avouer que ça gâche le plaisir.

 

Qui sont-elles ?

 

J’ai commencé cette enquête sans a priori. Entre filles, c’est vrai qu’on se demande. Après tout, celles qui se font mettre par cinquante mecs dans les pornos, d’accord, elles aiment sûrement pas ça, mais n’ont-elles pas choisi ? Elles sont payées pour ça. Même si elles ont besoin d’argent, elles pourraient quand même faire autre chose, non ? Travailler en usine, vendeuse, autre chose.

 

Mais est-ce vrai ? Avant les grandes luttes sociales, les filles qui bossaient dans les usines chimiques pourries et maladives se mutilaient en connaissance de cause, tout en rêvant de passer à travers. Ces filles auraient-elles pu choisir autre chose ?

En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Tous des enculeurs fougueux et des salopes qui aiment ça ? Ou encore des fainéantes qui refusent de bosser ?

 

Réponse d’un producteur de porno suédois* : « Ce sont très souvent d’anciennes victimes de viols ou d’inceste dans l’enfance. » Et puis, après un temps : « Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement ».

 

Quant aux hommes ? Réponse du même producteur : « Les hommes ne doivent pas être émotifs pendant. Il ne faut pas, par exemple, qu’ils attendent une réponse de leur partenaire, qu’ils soient attentifs à leurs réactions. Alors, s’ils sont émotifs, ils ne peuvent pas vraiment faire ce travail. En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines. »

 

Réponse d’un ancien commissaire, qui a rencontré d’innombrables prostituées et actrices du hard* : « J’ai connu des milliers de filles. En fait, j’ai plus l’impression d’avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes origines. Presque toutes ont été abusées dans l’enfance. »

 

Voilà un début de réponse sur les être humains qui travaillent dans le porno. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d'inceste et violées pendant l’enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d’inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d’un traitement ou d’un processus d’aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu’avec des dogues, des ânes, des chevaux, etc. Chacun y trouverait son compte, que ce soit les services sociaux déjà saturés et incapables de répondre à la demande, ou, bien sûr, les boîtes de production du X tout venant, qui font leur beurre sur ces anciens enfants martyrisés, habitués à la douleur comme à la docilité.

Voilà le voile que lèvent les associations sur ces filles.

Le corps des plus défavorisés utilement recyclés pour servir de liant social.

 

Ce n’est pas seulement un scandale mais une horreur. A grande échelle.

Aux USA, l’industrie du porno dégage 4 à 6 milliards de dollars par an. Plus que l’industrie du film et du disque réunie.

La diffusion de "Playboy" et de "Penthouse" (24 millions d’exemplaires) est deux fois plus importante que celles de "Newsweek" et de "Time" réunies… Toujours aux USA, 75 % des magasins de vidéo vendent des K7 ou DVD pornos, qui leur assurent entre 50% et 60 % du chiffre d’affaires. Et 65 % des connexions sur le net concernent des sites pornographiques. Derrière les chiffres, combien de corps ?

 

Backstage : deux filles interviewées * entre deux scènes, du sperme plein le visage.

La première, sourire figé, terrible, regard fixe : « Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle plus quand ça a commencé » . La seconde : « Peut-être… quand je me suis fait enculer par l’avocat de mon père. Enfin, je ne sais plus si c’était son avocat ou un de ses collègues. J’avais douze ans. » Tout cela dit avec l’indispensable sourire caméra et en enfonçant un doigt manucuré dans une chatte épilée et parfaitement sèche.

 

Voilà la situation d’être humains entrés volontairement dans le bagne moderne du sexe, si on peut considérer comme un acte de volonté l’impossibilité de refuser des violences nouvelles pour les rescapés de violences anciennes. Qu’advient-il d’eux, une fois entrés ? Maladies, suicides… Comment savoir ? On apprend des associations que la plupart des actrices touchant à la zoophilie se sont suicidées. Enfin, celles dont on connaît le nom. La junkie édentée ramassée dans la rue pour se faire mettre par un lévrier afghan, celle qui pose pour la jaquette du dvd bien en évidence dans le bac prés de l’entrée du sex-shop à côté de chez moi, celle-là, où est-elle aujourd’hui, que lui est-il arrivé depuis? Suicide ? Overdose ? Les culs anonymes passent et crèvent. Qu’importe. Le réservoir à paumés et à déchets sociaux est disponible, à la merci des fantasmes érigés en loi. Ce n’est pas la matière première qui manque.

 

Mais après tout, comme le dit un autre producteur* : « Il n’y a pas de loi interdisant de faire de l’argent dans un système capitaliste. Je n’ai pas inventé le capitalisme. Je suis innocent. »

 

L'écran et la réalité

 

Sur l’écran, le spectateur de porno, à quelques stars près, voit finalement des filles qui se ressemblent toutes. A la couleur des cheveux et la grosseur de poitrine près. Difficile après tout de faire la différence entre un anus et un anus, une bouche à pipes et une bouche à pipes. Pas grand chose d’humain là-dedans, mais plutôt l’excitation au spectacle de morceaux de corps, de viandes avides, gémissants et presque toujours anonymes. C’est d’ailleurs justement cet anonymat, cette facilité, ce côté immédiat et à vif de l’acte sexuel qui font l’intérêt de ce genre de film. Alors, où est le problème ? Au nom de quelles idées réactionnaires condamner mon plaisir ? En quoi la vision de ces scènes peut-elle représenter un danger pour moi, pour les jeunes habitués à une telle sexualité mécanisée et mercantile, etc… ?

Telles sont les questions que se pose aujourd’hui le spectateur. Ces questions sont évidemment légitimes, et peuvent faire l’objet d’innombrables débats. D’ailleurs, on les entend partout, de "Max" à l’"Observateur", chez Delarue, sur TF1…

Mais le débat ne peut s'en tenir à la seule logique du spectateur, des fantasmes du spectateur. Parce que la réponse à la question « Qu’arrive-t-il et que deviennent les hommes et les femmes sur le tournage d’un film pornographique » n’est pas entièrement contenue dans les images que vous visionnez tranquillement sur votre vidéo (même si certaines choquent par leur inhumanité ou la souffrance visible des actrices).

 

Rappelez-vous "Gorges Profondes", le film X culte des années 1970, où tout le sexe se réduit à des pipes, queue à fond dans la gorge, ce qui ferait jouir à coup sûr l’héroïne. Pendant le tournage, Linda Marchiano, alors connue sous le nom de Linda Lovelace, était battue et menacée d’un pistolet par son compagnon afin de pouvoir accomplir les performances buccales qui ont fait du film une des œuvres fondatrices de la pornographie. Pendant les mois qui ont suivi, de nombreuses femmes ont été hospitalisées aux Etats-Unis, qu’elles aient été victimes de viols ou que leurs petits amis aient voulu réitérer à la maison l’exploit que Marchiano n’avait pu signer que menacée, dans un état second.

 

Tournage X*. Une petite blonde assez mince se fait sodomiser sans ménagement par un mec puis par un autre puis par un troisième. Ils font la queue sans état d’âme, bite à la main. Les larmes font couler le maquillage. Difficile de confondre les cris avec des cris de plaisir. Entre le deuxième et le troisième type, qui la secoue comme un sac, elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade, avec en plus trois mains plongées dans son vagin, la fouillant sans ménagement. Quand son partenaire se retire, elle manque tomber. Une main la redresse par l’épaule et lui plaque le visage sur une bite. Elle doit sucer, tout avaler. Interview backstage de cette fille. Les larmes ne sont pas encore entièrement séchées :

- Q : Si un inconnu vous mettait sa bite dans la bouche en pleine rue, ça vous dérangerait ?

- R : Vous croyez que je les connais bien, les hommes avec qui je viens de tourner ? Je ne les avais jamais rencontrés avant le tournage. Alors si un inconnu jouissait dans ma bouche, non, ça ne me dérangerait pas.

Et puis un sourire caméra, d’autant plus atroce qu’on a encore en mémoire les grimaces de douleur de la scène précédente. Elle ajoute :

« Mais n’oubliez jamais que j’aime ça. J’adore le sexe, je suis une vraie pute et j’aime ça. »

Elle aime vraiment tomber dans les pommes enculée par tous ces mecs ? Ou est-ce la thèse officielle ? Ou pire : finit-elle par le croire ? Et que penser de celles qui diraient aimer ça avec des chiens ou des mulets ?

Après la servitude volontaire, voici la torture volontaire, ultime horreur moderne.

Backstage, encore. Une autre actrice *, le visage également baigné de sperme.

- Q : De quoi avez vous peur ?

- R : De devenir un animal. Je ne suis plus un être humain. Je me sens comme un animal.

 

Même question posée à une autre fille *, en train de sucer un gode fluorescent. Elle sort le gode de sa bouche, et d’un coup son regard change. Eteint. Fixe. Perdu.

- Q : De quoi avez vous peur ?

- R : De devenir rien. Et ensuite moins que rien.

 

Backstage toujours.

Elle a au plus 24 ans *. Elle raconte son expérience d’ex-actrice de porno et s’écroule en larmes. Elle parle de Cookie en disant « elle », comme s’il s’agissait d’un corps étranger, comme si elle ne pouvait pas raconter à la première personne. Car Cookie, c’est elle.

Cookie devait tourner une double pénétration. Elle s’est mise à pisser le sang. Il a fallu couper. Les producteurs et les autres acteurs ont donné des kleenex à Cookie pour qu’elle s’essuie, en la traitant de conne parce qu’elle gâchait le film. Après cinq minutes de pause, le tournage a repris et on lui a fait finir la scène. Elle est payée pour ça, n’est-ce pas. Elle a choisi ça.

Cookie dit encore, parlant toujours d’elle-même à la troisième personne : « Cookie avait une hémorragie qui nécessitait une hospitalisation d’urgence. »

Cookie n’est sans doute pas la seule à avoir été hospitalisée après un tournage. Les histoires sortent. Une fille condamnée à la chaise roulante suite à un gang bang. Une autre passe six mois à l’hôpital. Comme le raconte Raffaëlla Anderson dans son terrible témoignage, "Hard" : « Prenez une fille sans expérience […], loin de chez elle, dormant à l’hôtel ou sur le tournage : faites lui faire une double pénétration, un fist vaginal, agrémenté d’un fist anal, parfois les deux en même temps, une main dans le cul, parfois deux. Tu récoltes une fille en larmes, qui pisse le sang à cause des lésions, et qui généralement se chie dessus parce que personne ne lui explique qu’il faut faire un lavement. De toute façon, c’est pas grave, la merde fait vendre. Après la scène qu’elles n’ont pas le droit d’interrompre, et de toute manière personne ne les écoute, les filles ont deux heures pour se reposer. Elles reprennent le tournage. »

 

Limiter le débat à la problématique du plaisir du spectateur est dangereux, parce que ce qu’il voit à l’écran n’est pas la réalité.

On parle parfois avec horreur des snuff movies, où les filles seraient torturées à mort. Mais certains films pornographiques se rapprochent des snuffs movies, les tortures sont coupées au montage. Les témoignages sortent des studios. Les images aussi.

Jamais on ne voit un gang bang, une double, triple, multiple pénétration ou un fist-fucking, filmé sans coupe, sans montage. Parce qu’alors, comment ne pas ouvrir les yeux, comment imaginer qu’on puisse infliger une telle violence à un corps sans conséquences et sans séquelles ?

 

Raffaëlla : « Le matin, tu te lèves, tu te fourres pour la nième fois ta poire de lavement dans le cul et tu nettoies l’intérieur. Tu réitères jusqu’à ce que ce soit propre. Rien que ça, ça fait mal. […] Après ça, j’ai besoin de me mettre sous la couette une heure pour oublier combien j’en souffre. […] Aucune position ne convient. Tu tournes dans tous les sens mais y a rien qui t’apaise. Après quoi, tu te retrouves sur un set et tu suces, tu cambres. On te traite de salope […]. Rien ne vaut une telle souffrance. »

 

La pornographie tout sourire n’est possible que dans un monde virtuel, où les cris de souffrance sont remplacés par des gémissements de plaisir et des appels à y aller plus fort.

 

Déshumanisation

 

Voilà pourquoi, il est devenu non seulement stupide mais criminel de faire du débat sur la pornographie un débat « d’idées », où les défenseurs de la censure s’opposent aux soi-disant libres-penseurs sur le thème « quel effet sur le spectateur ? ». Même si j’apprécie le travail de pionnières mené aujourd’hui par les intellectuelles américaines sur la question de la pornographie, je ne partage pas leur opinion d’un racisme exprimé à l’encontre des hommes ou d’une fantasmatique macho insupportable. Il est inutile, et tout aussi criminel, de réduire le débat sur la pornographie à un antagonisme féminisme / pouvoir masculin.

 

Il est devenu en revanche urgent de s’interroger sur le processus de déshumanisation de milliers d’hommes et de femmes engagés dans la pornographie à la chaîne. Les témoignages sur les coulisses de la pornographie m’ont bouleversée et horrifiée. Il y résonne des échos familiers qu’on aurait bien voulu ne plus jamais entendre. Relisez n’importe quel témoignage de rescapés, consultez n’importe quel document sur la torture. Cela se passe, cela s’est toujours passé de la même manière. En Europe, en Afrique, en Amérique. Le processus de torture vise à priver un être humain de sa qualité d’être humain. La torture vise à le réduire à l’état d’animal, à l’anéantir jusqu’à ce que lui-même ne se considère plus comme humain, mais comme rien, moins que rien.

 

À chaque fois que l’on visionne un film pornographique, il faut s’en souvenir. Qu’advient-il de ces filles dont la plus grande peur est d’être devenue « un animal » ou « rien, moins que rien » ? Nous le savons. Certaines meurent de cancers, du sida ou d’hémorragie. Beaucoup conservent des séquelles physiques et psychologiques qui les poursuivent longtemps. Rocco Sifredi lui même a reconnu un jour que certaines « actrices » du porno bas de gamme, ultra majoritaire, avaient le sexe et l’anus détruits. L’américaine Catherine Mac Kinnon, qui a recueilli des dizaines de témoignages, décrit une de ces femmes de manière saisissante : « Elle n’a pas de nom. C’est une bouche, un vagin et un anus. Qui a besoin d’elle en particulier quand il y en a tant d’autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle ? Qui portera son deuil ? Qui s’en inquiétera si elle disparaît ? Qui est-elle ? Elle n’est personne. Littéralement, personne »

 

En Australie, beaucoup d’actrices ont recours à des opérations chirurgicales spécifiques. Il ne s’agit plus maintenant de retouches « classiques » (comme augmenter le volume des seins) mais de se faire ôter les grandes lèvres, afin que le vagin soit plus visible à l’écran… Rien qu'un trou.

 

Spectateur bourreau

 

Il faudrait traiter les rescapés de ce bagne moderne avec le même respect, les mêmes précautions que les rescapés de la torture. Après cette enquête et avoir visionné les images de « Shocking Truth », je sais que je ne pourrai plus regarder un film porno comme avant. Je ne demande pas la censure, ou l’interdiction des films pornographiques.

Je demande à sortir de la logique du spectateur. Qu’il nous suffise d’écouter notre corps. Il n’y a pas de débat d’idées sur le porno sans un débat de chair. Je ne demande pas l’abolition de la pornographie, dont on retrouvait déjà des traces sur les fresques pompéiennes.

Je demande la création d’un observatoire destiné à veiller au respect des personnes humaines employées sur les tournages. Suis-je « réactionnaire » ? Sexuellement frustrée parce que je demande pour des êtres humains les mêmes égards que pour les animaux ? Nous nous indignons du massacre des bébés phoques, du gavage des poulets, jusqu’aux animaux mal traités dans les tournages X. Citons pour rire, pour le fou- rire car sans folie, il faudrait en pleurer, cet avis d’un internaute sur la zoophilie « [même si j’adore la sexualité filles / animaux] je ne peux cependant, en tant que technicien vétérinaire, défendre l’idée d’une interaction sexuelle entre l’être humain et l’animal, parce que cela ruinerait la psyché de l’animal et le ferait ensuite agir de façon intolérable au regard des règles de politesse de la société humaine. De plus, il serait mal d’encourager un animal innocent à suivre les traces du mâle humain, en quête d’un idéal inaccessible ».

Froid dans le dos.

 

Virtuel mortel

 

Imaginons un instant qu’ait lieu une campagne d’information des spectateurs, avec diffusion sur une chaîne généraliste d’un film documentaire (du type « Shocking truth ») comportant des images porno tournées « backstage » . Pour la plus grande majorité, le passage d’une représentation virtuelle à une réalité physique atroce contribuerait à une diminution considérable, si ce n’est à une disparition totale de l’excitation provoquée par ces images.

C’est à ce stade, et à ce stade seulement, qu’il faut réintégrer le point de vue du spectateur pour comprendre les résistances que soulèvent aujourd’hui les attaques dirigées contre la pornographie.

Ce spectateur, ces millions de spectateurs, une fois privés de leur jouissance virtuelle, devraient chercher d’autres ressources pour leur plaisir onaniste. Mais combien d’entre eux en sont-ils encore capables ?

Il ne faut pas sous-estimer la terreur et l’agressivité que suscitent chez certains la fin du rêve pornographique, la fin de l’image de la femme-trou, le désarroi que serait pour eux la perte d’un univers fantasmatique virtuel qui est souvent leur principal accès à la jouissance.

Comment jouir dans le monde réel ? Comment jouir de chair et d’odeur et du poids et de la présence vivante et souffrante d’une femme ? Il est urgent de proposer aux adolescents une autre vision du sexe et de l’amour que celle des femmes-orifices et des enculeurs-performance. On peut d’ailleurs se demander quels bons petits soldats dociles, quelles brutes obéissantes et conditionnées on cherche à faire des hommes, pendant qu’on transforme les femmes en animaux / objets méprisables et maltraités. Les chefs de guerre serbes dopaient leurs troupes aux films pornos avant de faire des descentes dans les villages ? Tout est fait pour que le spectateur onaniste reste enfermé dans l’ignorance de son propre corps et donc forcément aussi dans celle du corps de l’autre - en psychopathe qui non seulement ne réagit plus à la souffrance d’autrui, mais en jouit. La question du spectateur est : quelle humanité préparons nous, et voulons nous fabriquer des générations d'individus conditionnés, dociles, économiquement performants, prêts à tolérer n’importe quelle abomination de la part du corps social qui les entretiendra dans leur jouissance maladive?

 

Amoureux de la chair, des odeurs, de la sueur, des infinis jeux du sexe, nous ne nous devons pas seulement d’informer nos semblables sur les violences de la pornographie industrielle. A nous de témoigner de notre joie de vivre dans le monde réel et de défendre avec délectation les formes infinies de la jouissance incarnée.

La joie, plus forte que le gang bang. I.S.

 

Merci de tout cœur à Malka Malkovich et à Solenne Bardé, pour leur aide précieuse, pour leur courage et pour leur joie de vivre.

I.S.

 

* Tous les témoignages marqués d’une * sont filmés dans « Shocking Truth ».

 

** Une première version de cet article a été publié par le magazine "Blast" dans son numéro 4, en septembre 2002.

 

Isabelle Sorente, ancienne élève de l'école Polytechnique, est romancière et auteur de théâtre. Elle a publié "Le Coeur de l'ogre" (JC Lattès, 2003), "La Prière de septembre" (JC Lattès, 2002), "L" (JC Lattès, 2001) et "Hard Copy" (Actes Sud, 2001).

 

 

art by Lyzane Potvin

14:38 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/06/2005

B.I.T.C.H cite Télérama, rien ne va plus...

"Les hommes et les femmes n'ont pas le même cerveau" : vérité scientifique ou mensonge sexiste ?

 

Le 14 janvier dernier, le président de l'université américaine de Harvard, Lawrence Summers, déclenche un véritable tollé : selon lui, les femmes seraient dépourvues des aptitudes naturelles nécessaires pour faire carrière en maths et en sciences. Propos d'autant plus fâcheux que, depuis 2001, année où cet ancien ministre de l'Economie de Bill Clinton a été nommé président, le pourcentage de femmes à qui la faculté des arts et sciences de Harvard a offert des postes de titulaires a chuté de 36 à 13 %... Sommé de s'expliquer, il insiste : « Les gens préfèrent croire que les différences de performances entre hommes et femmes sont dues à des facteurs sociaux. Si j'ai parlé de facteurs biologiques, c'est que j'estime qu'ils devraient être approfondis. » Des premières étudiantes qui fréquentaient les universités françaises au début du XXe siècle, ne disait-on pas : « Corps de femme avec un cerveau d'homme » ? Est-ce le préjugé qui a la vie dure ou bien n'existe-t-il pas quelque récente découverte des neurosciences qui autorise effectivement à rouvrir ce dossier que l'on croyait clos ?

 

Les défenseurs de Summers se réclament du combat de la science aux prises avec les tabous du politiquement correct. L'ennui, c'est que, parmi eux, on trouve Charles Murray, coauteur de The Bell Curve, paru en 1994, qui soutenait, « preuves » scientifiques à l'appui, que les Noirs sont intellectuellement inférieurs aux Blancs ! Et, en fait de « tabou », l'idée d'une inégalité « naturelle » entre les hommes et les femmes est l'une des plus communes qui soit ! C'est ce que Catherine Vidal, neurobiologiste et directeur de recherche à l'Institut Pasteur, et Dorothée Benoit-Browaeys, journaliste scientifique, rappellent au début de leur livre Cerveau, sexe et pouvoir. Au XIXe siècle, un neurologue comme Broca liait l'infériorité intellectuelle des femmes au poids de leur cerveau. Aujourd'hui, ce serait une affaire de neurones et de synapses (les connexions entre neurones), que l'imagerie cérébrale (1) et les tests cognitifs sont capables de restituer avec précision. Cette approche strictement « bio » des différences de comportement humain est ancrée dans la culture anglo-saxonne, mais controversée en Europe. « Des déclarations officielles comme celles de Summers sont impensables en France, explique Ilana Löwy, historienne de la médecine et directrice de recherche à l'Inserm. Le structuralisme nous imprègne encore et il est communément admis qu'il n'existe pas de séparation stricte entre l'héréditaire et l'environnemental. »

 

Voire. « Certaines publications scientifiques à la gloire du déterminisme biologique venues d'outre-Atlantique donnent lieu à de véritables best-sellers, y compris en France, constate Dorothée Benoit-Browaeys. Cette polémique n'agite peut-être pas nos milieux universitaires, mais qui d'entre nous n'a jamais vu des titres comme Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ou Pourquoi les hommes mentent et les femmes ne savent pas lire une carte routière ? Ces thèses font régulièrement la une des magazines grand public autant que des revues "sérieuses", comme Nature. Comment penser que ces discours, énoncés avec l'autorité que leur confère la science, restent sans effet ? »

 

C'est donc bien sur son terrain qu'il faut discuter la science. D'autant que l'analyse de la littérature scientifique traitant des différences d'aptitudes entre les sexes est un véritable catalogue de généralisations abusives et d'extrapolations douteuses. La théorie des deux cerveaux, par exemple. Née dans les années 70, elle prétend que les femmes sont plus douées pour le langage, à cause de leur hémisphère gauche plus performant, tandis que l'aptitude des hommes pour se repérer dans l'espace s'expliquerait par un hémisphère droit dominant. « L'imagerie cérébrale a justement révélé que les deux hémisphères sont en communication permanente, récuse Catherine Vidal. Une fonction n'est jamais assurée par une seule région, mais plutôt par un ensemble de zones reliées entre elles en réseaux. » Pourtant, la revue Nature a bien fait sa une en 1995 avec deux images chocs qui montraient des activations cérébrales différentes chez l'homme et chez la femme. Cette étude, portant sur... seulement vingt sujets, est devenue une référence. Une autre étude sur plusieurs centaines d'individus a depuis montré le contraire ? Peu importe. « Il aurait suffi que l'on voie une différence chez dix sujets : l'imagerie cérébrale, administrant la preuve en la rendant matérielle, presque palpable, a une telle force symbolique qu'elle porte à généraliser l'observation... et à dire plus que ce qu'on observe ! » Tout le monde a envie d'un support solide de son identité : ces belles images sont fascinantes, elles rassurent notre besoin de certitudes. Et l'on préfère ne pas savoir qu'elles permettent juste de dire « comment ça marche », et pas « pourquoi ».

 

Mais pourquoi s'interdire d'examiner si, à anatomies cérébrales distinctes, ne correspondent pas des aptitudes cognitives distinctes ? « Justement, réplique Catherine Vidal, ces variations sont gigantesques entre les individus d'un même sexe ! » Sur plus d'un millier d'études en IRM (imagerie par résonance magnétique), seules quelques dizaines ont montré des différences entre les sexes, guère plus marquées que celles qui séparent le cerveau d'un violoniste et celui d'un matheux, ou celui d'un athlète et celui d'un champion d'échecs... 90 % des synapses se mettent en place progressivement jusqu'à l'âge de 18-20 ans et continuent de se développer jusqu'à la fin de la vie. Comment croire alors que notre destin soit inscrit dans notre cerveau dès la naissance ? « C'est en totale opposition avec nos connaissances scientifiques, rappelle Catherine Vidal. Aujourd'hui, le maître mot est celui de "plasticité cérébrale" : il décrit les processus de modelage des circuits de neurones en fonction de notre expérience vécue. » Autrement dit, le cerveau, dans sa construction, incorpore toutes les influences de l'environnement, de la famille, de la culture, de la société : on est bien loin de l'inné.

 

L'affaire pourrait en rester à la discussion entre scientifiques. Mais, sur ces sujets qui touchent tout un chacun, le problème provient surtout de l'utilisation sociale, voire politique, que l'on en fait. On pense particulièrement à la psychologue canadienne Doreen Kimura, auteur de Cerveau d'homme, cerveau de femme ?, mais aussi membre actif du Freedom Party, ce mouvement ultralibéral qui s'oppose aux programmes d'aide sociale et à l'idée même d'égalité des chances. Partant du postulat que les garçons et les filles commencent leur vie avec des atouts et des handicaps spécifiques, elle estime qu'il faut adapter leur scolarité selon ce principe. « Par exemple, rien ne sert d'inciter les femmes à suivre des filières scientifiques, car "leur tendance naturelle ne les y pousse pas". »

 

Ce détournement idéologique du discours scientifique éclairerait-il une énigme ? Dans les facultés de sciences des pays riches, le nombre de femmes dans les sections « sciences et structures de la matière » n'a pas connu d'augmentation depuis... quarante ans (toujours autour d'un tiers des effectifs) ! « Rappelons avec force que ce ne sont pas les filles qui n'aiment pas les sciences, mais les sciences qui n'aiment pas les filles, explique la sociologue Catherine Marry. Ces formations leur ont longtemps été interdites, l'Ecole normale supérieure n'est devenue mixte qu'en 1986 ! Une fille qui choisit de poursuivre un cursus scientifique a déjà surmonté une orientation précoce vers les matières littéraires. » Le choix d'une math sup, fréquent pour un garçon qui montre un minimum d'aptitudes pour les mathématiques, ne va en effet pas de soi pour une fille. Elle ira plus facilement vers les sciences du vivant, jugées moins « desséchantes ». A moins, précise Catherine Marry, qu'elle ne bénéficie du modèle d'une femme physicienne dans sa famille.

 

Aux Etats-Unis, l'épisode Summers s'est soldé récemment, après une motion de défiance votée à l'encontre du président, par la création de deux commissions chargées de veiller au statut des femmes à Harvard et à leur accès aux sciences. En France, Catherine Vidal et Dorothée Benoit-Browaeys rappellent que, sur l'humain, les neurosciences n'auront jamais et ne doivent pas avoir le dernier mot. Raison de plus pour que les sciences humaines s'intéressent de près aux travaux scientifiques plutôt que les ignorer ou les disqualifier a priori : « Un véritable travail d'analyse critique reste à faire à partir des dernières publications sur le "sexe du cerveau" et de leur réception. » C'est bien aussi dans le jardin des sciences humaines que Catherine Vidal et Dorothée Benoit-Browaeys jettent une pierre...

 

BIBLIOGRAPHIE : Cerveau, sexe et pouvoir, de Catherine Vidal et Dorothée Benoit-Browaeys, éd. Belin, 2005, 110 p., 16 €. L'Invention du naturel, Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin, de Delphine Gardey et Ilana Löwy, éd. des Archives contemporaines, 2000, 228 p., 24 €. Femmes, genre et sociétés, L'état des savoirs, sous la dir. de Margaret Maruani, éd. La Découverte, 2004, 400 p., 25 €. Les Femmes ingénieurs : une révolution respectueuse, de Catherine Marry, éd. Belin, 2004, 287 p., 21,50 €. Cerveau d'homme, cerveau de femme ? de Doreen Kimura, éd. Odile Jacob, 2003, 256 p., 26,68 €.

 

 

Sophie Lherm

 

 

(1) Les images obtenues par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) reconstituent les variations locales de débit sanguin cérébral, qui augmente quand les neurones s'activent.

 

 

Télérama n° 2888 - 19 mai 2005

13:12 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/06/2005

Fast Sex

Nouvelle mode, nouveau mode, quels avantages pour la semi consommation sexuelle ?
(Attention je vais être drôle et méchante)

Parce que la pseudo libération sexuelle est en marche depuis bien trop longtemps, aurions nous enfin droit à une riposte ?
Parce qu'à force de dossier spécial dans les magazines féminins, de deep-throat avant l'âge nous aurions, enfin, évoluées ?
Parce qu'il est des modes de domination par la fellation que nos collègues les chiennes d'avant-gardes tapies dans l'ombre des boxers masochistes ont décelé avant la guerre ?
Putain ! Nous sommes découvertes !

Ce n'est pas pour dire, mais il semble que nous nous améliorons largement dans les rapports bucco-génitaux et de ce fait, c'est la porte ouverte sur toutes les fenêtres ! Et en particulier, sur celle qui donne tout juste sur l'empire de l'oisiveté...

Oui, je parle des cas particuliers qui en s'accumulant ont fait de nos quotidiens une généralité. (Je suis navrée, désolée, mais c'est de mon devoir, d'en parler, vraiment, envers mes con-patriotes casées d'abord puis pour vous dire les filles, vous n'êtes pas seules.)

Donc, une fausse alternative au safe sex, le fast sex ? Qui dit sucer n'est pas tromper ? Mais encore ?

Parce que la pénétration est une fin à la faim il nous faut nous adapter. La recherche incessante du désir le tue c'est bien connu, on se recouvre mesdemoiselles, ça laisse plus de place aux fantasmes, les étalages généreux de chair ne sont plus à l'ordre du jour.
Parce que ces messieurs, maintenant, sont fiers de vous présenter...(roulement de tambour) : une sensibilité féminine ! Un désir progressif et pas animal, pesé et surtout emballé.
Et la mécanique n'est qu'un détail, qu'ils ne gèrent pas encore très bien ok, mais le mâle de l'avenir aura les pleins pouvoirs sur son érection, soyez en surs.

Donc, il y a ceux à qui l'évolution darwinienne a sourit, avec qui il faut y aller doucement, ils ne sont pas comme les autres - oui pas comme les dix autres avant eux qui ont déglutis le même discours pour nous attendrir-. Pour quelques jours plus tard retomber dans des travers bel et bien masculins. Et oui, votre performance se mesurera toujours dans l'endurance et je n'en suis pas navrée.

Puis il y a ceux, bons enfants, à peine gênés d'être encore des mâles sexuels en totale harmonie avec l'objet de nos désirs, qu'on a voulu - à juste titre bien sur - diaboliser.

Mais que faut il faire ? Se plaindre aux boîtes de prod' porno médiocres qui n'ont fait que nourrir un archétype universel ? Taper sur la gueule des féministes qui nous privent de puissants orgasmes ? A nous même pour être multiples (et non pas changeantes) ?

Non, mais ravissons nous, car aujourd'hui, nous avons le choix, entre se faire aimer et se faire baiser.

 

(illustration http://www.nicolaranaldi.it/)






12:46 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |