21/04/2005

Vivantes Exquises

Bitcher ou ne pas bitcher, là n'est plus la question.

 

 

De pizzicati en onomatopées, d’enjambées de foules en classements verticaux, de cils en aiguilles on impose le silence violemment. Car il s’agit de préserver pour construire, on éteint le bruit des radios pirates, nos plages tranquilles n’accueilleront sûrement pas un débarquement quelconque, nos rives sont protégées, et nos temples se suffiront de notre seule et unique adoration. Dissimuler nerveusement les preuves de son plaisir passé sous des jupes beaucoup, beaucoup plus longues. Ca suffit, l’échange fût distrayant mais je me suis perdue dans vos bruits, je n’entend plus les miens, ni mes envies collées aux vôtres, ni mes cris noyés dans vos rires nerveux, ni mes éclats perdus dans votre feu d’artifices. Suffit de ces courants d’airs qui me promènent là où il faut aller, et non pas là où j’ai profondément besoin d’être. La lumière artificielle fait défaut à mon teint de poupée et j’ai besoin d’une chaleur bien réelle pour sentir ma chair bien vivante respirer l’air bien pur pour absorber cette réalité incertaine que vous me promettez au menu de vos ambitions. Et je ne prendrais pas de dessert, j’ai bien mieux à faire, bien mieux à rêver.

 

Appogiatures et soudures dans les iris, ils persévèrent surtout quand ça glisse. Je veux être ailleurs, ils rentreront partout. Je ne veux pas être autre chose, je veux un Je qui me donne l'allure, l'élégance de l'aristocratique veuve noire. J’aurais aimé qu'ils se dévergondent derrière mes charnières, qu'ils ne pissent pas dans mes ornières, qu'ils ne m'aveuglent pas d'oeillères d'ânesse fébrile. Je n'aime pas le transformisme décadent, la sombre bite qui tire sur les poils. Je ne voudrais pas qu'ils croient que la victoire tient en une bataille. Que les vices serrent les joints, je fume du mastic, du plastique... parce que le cuir brûle sous les assauts des reins cassants. Et j'aime encore mieux Alice que Cendrillon. Coupe les têtes, coupe, coupe...

 

C’est toujours cette foi aveugle à laquelle j’ai à faire, qui n’est au fond qu’une certitude ignorée de la plupart et qui remplit ma bouche de toutes sortes de drôles choses. Que tous douteraient qu’elles soient comestibles.

On m’a souvent proposée de me taire, quelque fois invitée à me terrer, tenté de m’initier à ces choses bien en chair, en brique et en braquage d’identité. Sous prétextes qu’ils n’ont pas la même certitude.

Et si aujourd’hui j’ai souvent envie de me taire, c’est qu’à mon âge je dois savoir justifier, argumenter. Alors j’utilise le champ lexical de l’attardée et « je sens » pour ne pas dire « je sais ».

Toujours fidèle à cette peur viscérale du verbe savoir, comme si dire « je sais » était la pire des erreurs, le plus secret des péchés.

Elle, avait un « je sais » qui pendait à ses lèvres, des oppresseurs en croisade le lui ont tatoué, et elle croit bon parfois de le ravaler.

Et je crois bon de parfois stimuler ses « je sais » par mes « je t’aime ».

 

Simulons l'âcre souffle, diffusons l'âpre soufre. Que les adages se rapetissent sous les clichés vernis. Je et Elle racontent le même espoir. Quand vous pissez autour de ma cage, les plumes, hydrophiles mais étanches passent au travers des barreaux et c'est l'air qui me jure, pas vous. Et c'est le vent qui partage l'espace, pas vos poings. Quand la différence de relief n'est qu'un détail anatomique, vous ne pouvez pas louer cet orgueil. Convenez en, les épreuves sont bien plus belles. Les échecs bien plus louables. Et tout ce que nous écrivons, salivons, régurgitons ne sera qu'une jolie grimace à la face des singes vieillissants. Je veux être un singe. Je veux être un sage. Le choix du silence est une gageure sans cesse titillée. Les certitudes n'ont de jolies boutures que lorsque le limon est sec, et Je ne suis qu'humidité, colline de marnes moulues, mont de gypse mou et vallée de silex creux... je ne suis qu'humidité.


09:54 Écrit par B.I.T.C.H | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

sur un air bien connu, en roulant les "r" avoir, un bon copin, voilà c'qu'y a d'meilleur au monde...

Écrit par : JULIE-TTE | 25/04/2005

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